La présence de nitrates dans l’eau inquiète. Pourtant l’eau du robinet en contient moins que les fruits et légumes !
Les nitrates font partie de la biologie normale de la vie. Ils sont indispensables à la croissance des végétaux, et l’homme en fabrique physiologiquement des quantités non négligeables. Les activités agricoles et industrielles participent également à la dispersion des nitrates dans le sol et les rivières.Par conséquent, toutes les eaux en contiennent en petite quantité. Cependant, l’homme en absorbe surtout dans son alimentation ; la charcuterie, les conserves à base de viande, les légumes et les fruits véhiculent bien plus de nitrates que l’eau.
L’intoxication survient lors d’une ingestion massive de nitrates et au moment de leur transformation en nitrites par le système digestif.Les nitrites peuvent provoquer une altération du sang qui empêche le transfert de l’oxygène vers les cellules. Les plus vulnérables sont les nourrissons de moins de six mois, dont le système sanguin est encore fragile.
Quels sont les moyens de lutter contre les nitrates ?
Sur Tarbes Nord, l’eau de la nappe souterraine, utilisée comme ressource, est fortement chargée en nitrates. La teneur en nitrates de l’eau distribuée est en moyenne de 45 mg/l, c’est-à-dire d’un niveau légèrement inférieur à la concentration maximale autorisée.
Le plan d'action territorial, qui rentre en 2015 dans sa phase 2, et situé en zone amont du captage, va emmener les agriculteurs à utiliser de nouvelles techniques de production agricole moins polluantes, axées sur la maîtrise de l’usage des fertilisants et des engrais azotés, source de pollution de l’eau.
En cas de pollution accidentelle à la source, si la valeur limite de 50 mg/l était dépassée, la population en serait immédiatement informée.

Les pesticides, quant à eux, sont présents en quantité trop faible dans l’eau du robinet pour avoir des effets nocifs sur la santé.
Les pesticides sont des substances chimiques totalement artificielles. Utilisés par les agriculteurs pour lutter contre les parasites animaux et végétaux nuisibles aux cultures, ils contaminent les eaux de surface ainsi que les eaux souterraines.
On distingue :
  * les herbicides (visant la végétation spontanée),
  * les insecticides (visant les insectes ravageurs),
  * les fongicides (visant les champignons vecteurs d'affections parasitaires).
Des études montrent qu'ils ont des effets néfastes sur l'environnement (faune et flore) et la ressource en eau (menaçant l'accès à l'eau potable), mais aussi sur la santé, par un risque de cancer accru.
L'annexe 13-1 du Code de la Santé Publique fixe la teneur maximale dans l’eau à 0,1 mg/l par pesticide et à 0,5 mg/l pour la somme de tous les pesticides présents dans l’eau. Cette norme rigoureuse, qui vise également la protection de l’environnement, garantit le consommateur contre tout effet nocif lié aux pesticides.
Comme pour tous les produits chimiques, des contrôles rigoureux sont effectués pour mesurer la présence de pesticides dans l’eau.
Des dispositions ont été prises par le Syndicat SIAEP, et son mandataire Veolia Eau, pour traiter et garantir une eau conforme à la réglementation. Ainsi, au cours de la filière de production de l’eau potable, la mise en œuvre de charbon actif sous forme de filtre traite les excès éventuels de pesticides présents dans l’eau puisée dans le puits.